Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

08/08/2012

Compte-rendu du Café de Flore de Femmes 3000 du 6 mars 2012. Invité : Dr. Frédéric SALDMANN. la vie et le temps

Frédéric Saldmann.jpg

Par Monique Raikovic - Email - Télécharger le compte-rendu en pdf

Frédéric Saldmann est venu nous présenter son « Ordonnance pour vivre longtemps en bonne santé », recueil d’observations, de réflexions et de conseils rassemblés sous le titre « La vie et le temps[1] ».

                « Se préserver du vieillissement est bien davantage qu’une tentation, aujourd’hui. C’est devenu un combat ! »,  a rappelé Christiane Degrain en accueillant Frédéric Saldmann. Elle, formulait ainsi ce que nombre d’entre nous se répètent le matin en affrontant leur image dans les glaces de leur salle de bain. Car le monde du travail, dans nos sociétés industrialisées, met volontiers au rebus tant les machines que les individus qui paraissent « usés », quelles que soient les qualités dont ceux-ci font encore preuve! Il nous faut donc avancer en âge en nous gardant de vieillir trop vite. Un souci que partagent  nos partenaires masculins, ce qui explique, sans doute, qu’ils soient venus plus nombreux qu’à l’ordinaire écouter notre invité de ce mois de mars !  Et puis, par delà nos vies professionnelles, ceux que nous aimons attendent aussi de nous que nous ne devenions pas trop rapidement de vieux tacots, fort sympathiques sans doute, mais tacots quand même…


Or, pour tirer avantage de notre longévité et demeurer aimables, il nous faut savoir nous aimer, c’est-à-dire savoir gérer au mieux notre capital-santé ! Les personnes qui, telles Winston Churchill, deviennent nonagénaires en défiant les règles d’hygiène de vie, sont les exceptions qui, dit-on, confirment la règle. Frédéric Saldmann rapporte que lorsqu’on lui rappelait ce proverbe anglais selon lequel une pomme par jour éloigne le médecin, Winston Churchill répliquait : « D’accord, mais à condition de bien viser ! »… D’où lui venait cette vigueur ? Les médecins l’ignorent encore. Mais on peut supposer qu’il aimait passionnément la vie, et lui-même à travers elle ! « Les optimistes font de vieux os », explique Frédéric Saldmann.

On observe, dans l’espèce humaine, que, si la longévité des individus augmente, la durée de vie en bonne santé s’avère très variable, certains octogénaires pouvant être capables des performances d’un quinquagénaire ordinaire et certains quinquagénaires ayant déjà le corps usé d’un octogénaire ordinaire. De plus, souligne Frédéric Saldmann, «Il suffit de côtoyer des centenaires pour dresser un bilan mitigé quant au bénéfice d’une telle longévité. » Il faut donc s’efforcer d’augmenter la durée de vie en bonne santé, laquelle « demeure très courte. Trop courte », estime-t-il. Le processus du vieillissement étant inéluctable, il faut donc en retarder les manifestations si l’on veut augmenter la durée de vie en bonne santé et profiter à plein de la longévité. Ce vieillissement résulte des effets concomitants sur notre organisme de notre patrimoine génétique et de notre mode de vie. Or, aujourd’hui, dans nos pays industrialisés, selon « les études menées sur les centenaires par les chercheurs de la Fondation Ipsen[2], il est possible de considérer que, toute mort d’un être humain avant l’âge de 120 ans est prématurée » relate Frédéric Saldmann ! Ce qui sous-entend qu’il devrait nous être possible d’augmenter considérablement notre durée de vie en bonne santé. Cela  revient à affirmer qu’il devrait nous être possible d’agir, sinon sur notre patrimoine génétique, du moins sur notre mode de vie, pour retarder les manifestations d’usure de notre organisme… en attendant que la Médecine ne soit en mesure de remplacer certains de nos organes selon des techniques moins rudimentaires que celle des transplantations.

Compte tenu des innombrables avis de pollution concernant nos habitations, nos aliments et l’atmosphère qui nous entoure, menaces qui viennent s’ajouter quasi quotidiennement aux descriptions des méfaits du stress et de tous nos manquements à une bonne hygiène de vie, il peut paraître difficile d’accéder au rang de centenaire en bonne santé ! Frédéric Saldmann ne conteste nullement ces adversaires de la longévité programmée dans nos cellules. Il en confirme même le danger  quand il rapporte que la mesure de l’espérance de vie de vrais jumeaux menant des existences très différentes, - l’un grand tabagique, l’autre pas - met en évidence l’impact du mode de vie et de l’environnement sur les données génétiques, le grand fumeur présentant un risque accru de mourir prématurément.  Mais il en profite aussitôt pour nous inviter quand même à « exploiter à fond » ce que nous savons déjà, de manière scientifique rigoureuse, « pour augmenter de manière significative notre espérance de vie en bonne santé ».

Contrairement à nous, des êtres vivants possèdent une longévité remarquable en dépit de conditions a priori peu propices à la vie. Ce qui laisse supposer qu’ils sont dotés de capacités d’adaptation particulières. Des biologistes  étudient ces phénomènes dont la compréhension devrait nous aider à mieux connaître notre physiologie cellulaire et, sans doute, à mieux nous prémunir contre certaines agressions. On trouvera, dans le livre, une présentation de quelques uns de ces travaux qui nourrissent la réflexion de l’auteur. Frédéric Saldmann nous présente ainsi « Turritopsis nutricula », une minuscule méduse de la mer des Caraïbes, qui vieillit normalement jusqu’à un moment où se produit un mécanisme qui amène son organisme à revenir à son état de « méduse pubère », authentique retour à l’état jeune à partir duquel elle recommence à vieillir avant de rajeunir à nouveau ! « Le pouvoir incroyable de l’éternelle jeunesse concentré dans des micro-mensurations : peut-on rêver une piste de recherche plus motivante ? » souligne-t-il. Parmi les scientifiques qui tentent de déceler ce qui se passe à l’intérieur des cellules de cette méduse, des biologistes italiens, sont parvenus à identifier le mécanisme déclencheur du rajeunissement, mécanisme extérieur à la minuscule méduse – une agression, en somme.  L’organisme de Turritopsis nutricula est constitué de cellules qui ne sont pas éternelles, qui meurent et sont renouveléesComme nos propres cellules. Mais, nous rappelle ce médecin,  si, dans le corps humain formé de 75 000 milliards de cellules, chaque cellule qui termine son cycle de vie est remplacée par une autre, la nouvelle cellule inclut dans son ADN le niveau de vieillissement de la personne.  « Autrement dit, si l’une des cellules usées d’une personne de 70 ans est renouvelée, la nouvelle cellule correspondra par son matériel génétique, à l’état de vieillissement de la personne de 70 ans ». Nous vieillissons donc régulièrement quand Turritopsis nutricula peut, elle, rajeunir. Pourquoi? Nous l’ignorons encore, alors que l’un des défis qu’il nous faudrait pouvoir relever  «  est précisément de substituer des cellules jeunes en lieu et place de nos cellules anciennes » souligne Frédéric Saldmann.

S’il est capable de renouveler ses cellules, un corps humain ne peut reconstruire complètement un organe. Contrairement à l’axolotl, salamandre longue de 15 à 45cm, présente dans les eaux de lacs mexicains, qui s’auto-reconstruit au moindre accident de la vie : pattes, queue, yeux et même cerveau endommagé,  «Trois semaines  lui suffisent pour reconstruire ce qui a été détruit. Sans la moindre séquelle », nous apprend-il.

Actuellement, nos chercheurs travaillent sur les cellules souches du corps humain, lesquelles devraient nous permettre de régénérer des organes défaillants. Mais « de nombreuse étapes nous séparent encore de l’objectif à atteindre » avertit Frédéric Saldmann.  À travers l’étude de ces êtres vivants qui font mentir les lois a priori inéluctables de la maladie et du vieillissement, les chercheurs espèrent comprendre, puis maîtriser, les mécanismes génétiques de la longévité.

Parmi les spécimens animaux qu’il nous présente dans son ouvrage, on retiendra encore le rat-taupe nu. Ce petit rongeur vit en Afrique de l’Est, en colonies de 50 à 300 animaux, organisées à la manière de celles des fourmis. Ce petit rongeur mesure 8 à 10cm et pèse 30 à 80g. Ce rat sans poil possède une vue médiocre, mais un odorat et une audition très développés et, plantées sous le museau, deux grandes incisives qui lui permettent de creuser des galeries. Végétarien, il se nourrit essentiellement de racines riches en nutriments et en eau. Il est insensible à la douleur, étant dépourvu de neurotransmetteurs nécessaires au transport du signal de la souffrance. Et aucun de ses organes ne développent de cancer. Quand on essaie d’en provoquer un artificiellement, aussitôt se manifeste un mécanisme de défense qui en stoppe le développement. On ne trouve nulle plaque d’athérosclérose dans ses parois artérielles. Ce rongeur vit 30 ans, soit, à l’échelle humaine, l’équivalent de 600 ans. « Il meurt vite et bien, après avoir très peu vieilli et sans jamais présenté de signe de maladie de dégénérescence », insiste Frédéric Saldmann. Contrairement aux souris, dont il est pourtant un proche parent, aucune des maladies qui tuent les humains ne le concerne. Il résiste à toutes celles qu’on tente de provoquer dans son organisme. « Pourtant, à sa naissance, le rat-taupe nu ne dispose pas d’éléments favorables à une bonne santé. Au contraire, il semble même cumuler les points faibles. Un vrai profil de perdant ! Non seulement les taux d’oxydation de son organisme sont élevés à sa naissance, mais ils le resteront tout au long de son existence, expose Frédéric Saldmann. De plus, il évolue dans des galeries souterraines où l’air est vicié : atmosphère pauvre en oxygène et taux de dioxyde de carbone record.  Un constat sidérant, qui bouleverse toutes les théories sur les antioxydants. » 

Les études menées  sur les chauves-souris brunes, insectivores, étudiées dans une mine de l’est de l’Ontario, relèvent, comme chez le rat taupe nu, des taux d’oxydation élevés dans l’organisme et une vie longue dans un environnement biologique néfaste et oxydé. « De quoi tordre définitivement le cou à la théorie largement acceptée jusqu’à présent, selon laquelle le vieillissement serait le résultat des dommages provoqués par cette oxydation », insiste Frédéric Saldmann qui relève encore : « On comprend aisément, par le biais de ce constat, pourquoi les antioxydants en comprimés montrent de si faibles résultats. Et ce, alors que l’on concentrait d’immenses espoirs sur ces molécules censées former un bouclier contre le vieillissement et la plupart des maladies… sans résultats probants à la clé ».

Quittant ce zoo « d’émules de Mathusalem », Frédéric Saldmann revient à l’observation humaine avec le cas de Brooke Greenberg , une petite Américaine née en 1993. « Brusquement, à l’âge de 1an, Brooke Greenberg s’arrête de vieillir […] Physiologiquement, la petite fille atteindra 1 an. Jamais plus […] Elle a, aujourd’hui, 18 ans mais, 7,5kg pour 76 cm, 12 mois d’âge mental et marche à quatre pattes ». Le bébé, qui ne grandit plus, cumule les complications médicales aux premiers temps de sa vie : sept ulcères gastriques, crises d’épilepsie… À l’âge de 5 ans, elle présente une tumeur cérébrale qui se réduira d’elle-même.  Les recherches réalisées sur le génome de cet être humain mettent en évidence qu’un certain nombre de gènes lui font défaut, tout spécialement ceux qui programment le vieillissement

Ces recherches sont à rapprocher de travaux scientifiques menés sur la souris, souligne ce clinicien : «Une simple modification opérée sur certains gènes du rongeur peut considérablement augmenter la durée de vie de celui-ci ». Mais l’identification d’un hypothétique gène qui bloquerait  le vieillissement reste, actuellement, une énigme… La recherche en matière de mécanismes du vieillissement en est encore au stade des prémisses.

Du moins peut-on mentionner un fait rigoureusement observé : nos chromosomes, éléments essentiels du noyau de chacune de nos cellules, en nombre constant pour une espèce déterminée (46 chez l’homme), ont, à leur extrémité, une structure, appelée télomère, douée de propriétés particulières. On constate que la taille de ces télomères varie entre les espèces et entre les individus au sein d’une espèce donnée ; que ces télomères sont sous le contrôle d’une enzyme, la télomérase, qui assure le maintient de leur taille d’origine et sous l’influence d’autres facteurs, dont le stress, qui induisent leur raccourcissement, lequel s’accompagne de manifestations de vieillissement. Plus un individu est porteur de télomères  « raccourcis », plus il  vieillit vite, plus ces éléments chromosomiques restent longs et plus il vit longtemps. Raccourcissement des télomères et sénescence vont donc de paire. Si le niveau de stress diminue ou disparaît, les télomères rallongent à nouveau, mais très lentement. Le processus est donc, quand même, réversible.

En attendant que, dans un futur encore indéterminable, des chercheurs parviennent à décoder les secrets de Turritopsis nutricula, de l’axolotl, des tardigrades (encadré n°1) ou de l’hydre immortelle et à les exploiter au bénéfice de l’espèce humaine, mieux vaut suivre les conseils de notre invité du 6 mars au Café de Flore ! Comme il l’écrit et le professe, en effet :   « Les secrets de la jeunesse prolongée ne se situent pas toujours au fond des éprouvettes. Être heureux, dormir, aimer, dans toutes les subtilités du terme, adopter une hygiène antiâge, soigner sa forme et son alimentation : voilà les clés pour – bien –vivre plus longtemps. »

« Pour vivre vieux, vivons heureux » n’est plus exclusivement un vieil adage – Voltaire écrivait déjà : «  J‘ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé », rappelle  Frédéric Saldmann -  C’est, aujourd’hui, un fait étudié et prouvé scientifiquement.  Ainsi une étude menée aux Pays-Bas pendant 9 ans sur 941 personnes âgées de 65 à 85 ans, suivies pour des problèmes cardio-vasculaires, a-t-elle mis en évidence ce phénomène. Les personnes devaient répondre à des questionnaires fondés sur le principe de la bouteille à moitié vide et de la bouteille à moitié pleine, chaque question visant à déterminer leur niveau d’optimisme. 397 de ces personnes sont décédées au cours de ces années d’observation, la cause de la mortalité étant à chaque fois d’origine cardio-vasculaire. À gravité de lésions cardio-vasculaires égale, la mort frappait deux fois plus rapidement les pessimistes que les optimistes, ont constaté les chercheurs.

 Pour vivre vieux,  accordons-nous des nuits de sommeil réparateur. Car le sommeil permet de régénérer l’organisme, contribue à lutter contre l’usure et le vieillissement. Une étude récente menée par le professeur Danan Gu (Université de Portland, Oregon, USA) sur 2800 centenaires, montre que ces personnes bénéficient d’une excellente qualité de sommeil, dormant en moyenne sept heures et demie, siestes incluses. « Ce lien puissant entre sommeil et santé se retrouve chez l’animal », ajoute Frédéric Saldmann, qui insiste : « Le corps a besoin de se régénérer quotidiennement et le sommeil fait partie des éléments essentiels pour prévenir le vieillissement ». Malheureusement, note-t-il encore, « Avec l’âge, il [le sommeil] perd de sa qualité, contribuant à augmenter les facteurs de risques. Il a été signalé que les personnes ayant souffert de troubles du sommeil dans leur enfance, multiplient par quatre ces mêmes désordres au stade la maturité. ». Mais, heureusement, « la qualité du sommeil dépend de nombreux facteurs sur lesquels nous pouvons agir », assure-t-il (encadré n°2).

Pour vivre vieux, conservons une activité sexuelle satisfaisante, afin de stimuler notre sécrétion d’ocytocine ! Cette hormone synthétisée par l’hypothalamus et sécrétée par l’intermédiaire de l’hypophyse n’intervient pas seulement au moment de l’accouchement et dans la lactation. On sait, aujourd’hui, que sa sécrétion est stimulée par les contacts sexuels et les caresses, générant des sensations de bien-être, de relaxation et d’attachement à l’autre. « Qualifiée à juste titre d’hormone du plaisir, elle [l’ocytocine] agirait même sur certaines zones du cerveau en minorant la peur, le recul vis-à-vis de personnes inconnues. Elle encouragerait ainsi les rapports sociaux et affranchirait du repli sur soi. » nous apprend-il. « Les tests réalisés tendent à prouver que cette molécule synthétisée sous la forme d’un médicament inhalé par voie nasale reproduit les mêmes sensations agréables que celles d’un rapport sexuel… sans le rapport sexuel. », poursuit-il. Cette hormone, en nous rendant heureux, nous protégerait de maladies dont l’incidence augmente à un stade de notre existence où le nombre des rapports sexuels a tendance à diminuer. « Autrement dit, la sexualité régresse malencontreusement quand l’organisme en a le plus besoin » résume-t-il ! Mais nous pouvons, sans doute, miser, en ce domaine, sur l’arsenal pharmaceutique déjà disponible pour conserver une sexualité,  « facteur de longévité et devenue sans limite d’âge », assure cet optimiste qui signale, par ailleurs, que : «Les femmes qui font un enfant après 40 ans accroissent leurs chances de devenir centenaires ! ». 

Plus précisément, pour vivre vieux, nous devons veiller à cultiver en toutes circonstances notre sentiment de bien-être ressenti. « Le massage est aussi important à l’homme que les céréales » affirmait déjà Socrate, comme le relève Frédéric Saldmann.  Parce qu’un corps relaxé, détendu est plus sain, moins sujet aux maladies. Rien en ce domaine ne doit être négligé. Et, comme le rappelle ce cardiologue,  « L’ergonomie joue un rôle important sur ce chemin sinueux de l’accès à ce bien-être […] changer un siège de bureau ou un canapé de salon […] remplacer un matelas ou un sommier trop mou, ou encore des chaussures inappropriées », en bref éviter une usure articulaire accélérée et la prise excessive d’anti-inflammatoires et d’antalgiques contribue aussi à augmenter notre sentiment de bien-être et à améliorer notre longévité. « Le bien-être ressenti est une chose quantifiable, dont nous commençons seulement à mesurer l’impact réel sur la santé. Des chercheurs américains l’ont récemment établi : le niveau de bien-être ou de stress touche directement l’ADN des cellules »,  insiste Frédéric Saldmann.  Ces chercheurs ont, en effet, étudié l’ADN de mères d’enfants bien portants et celui de mères d’enfants atteints de handicaps sévères ou de maladies graves. Les mères du second groupe, sous tension psychologique permanente, sont porteuses, dans leurs cellules, de télomères raccourcis prématurément.

Des publications récentes font également état d’expériences montrant que le bien-être et le bonheur ont un impact positif sur les gènes. « Huit semaines de relaxation et de détente, provoquent, de façon bénéfique, une modification directe sur l’expression de plusieurs centaines d’entre eux », rapporte ce cardiologue, lequel précise néanmoins que « ce ne sont pas forcément les loisirs et le farniente qui génèrent les sensations les plus positives. Mais plus souvent le travail, celui dans lequel le sujet se réalise pleinement et intensément, un travail vécu comme une passion ». Car l’étude quantitative de l’état émotionnel de sujets, sur un certain nombre de jours, voire de semaines (Experience Sampling Method), a montré que les meilleurs scores étaient ceux des « travailleurs enthousiastes ». Et Frédéric Saldmann poursuit : « Nous perdons 20 points de quotient intellectuel en trois semaines de vacances. Processus fort heureusement réversible, mais de manière progressive. Nous comprenons, alors, pourquoi il est si difficile de reprendre le travail après de longues semaines de congés. Pour un sujet à la retraite, en revanche, il n’y a pas de retour de vacances… » Il ajoute, paraphrasant Albert Einstein : « La vie, c’est comme la bicyclette : quand on arrête de pédaler, on tombe. ». Et il conclut : « L’activité, c’est le carburant indispensable au maintien de toutes les fonctions dans leur intégrité. Nous n’avons pas le choix : nous devons être perpétuellement en mouvement pour rester en bonne santé. L’activité tant physique que cérébrale nous est nécessaire. Il faut savoir s’assurer des relais d’activités intenses quand arrive le temps de la retraite. Le contraire revient à prendre de grands risques !»

« Beaucoup de gens prennent soin de leur automobile, mais pas d’eux-mêmes ! » se désole ce praticien convaincu qu’on met ainsi en place le terrain favorable au développement des maladies qui contribueront largement   à la réduction de notre longévité. Comme le prouvent, d’ailleurs, les études menées sur de grandes cohortes de vrais jumeaux : « On se fabrique soi-même 60% de nos maladies  », insiste-t-il.

La recherche médicale ouvre de vastes perspectives de lutte contre le vieillissement, notamment à partir de la conservation et de l’usage des cellules souches. La Médecine avance rapidement, mais devient très coûteuse et les thérapeutiques nouvelles risquent de ne pas être accessibles à tous, financièrement. « C’est pourquoi, il nous faut faire le plus possible avec nos moyens, tout particulièrement avec notre fourchette ! », recommande Frédéric Saldmann.

L’excès de poids est, en effet, la cause de bien des maux que nous connaissons tous. L’obésité est devenue un problème de société, un drame national ! Dans nos pays industrialisés, où les aliments les moins chers sont aussi les plus caloriques, où les distributeurs proposent un large choix d’aliments à un prix abordable, « Un enfant de 7 ans, aujourd’hui, a consommé autant de sucre que son grand-père tout au long de sa vie », énonce Frédéric Saldmann qui relate : « Chez les singes, une restriction calorique de 30%  augmente la durée de vie de 20% », avant d’ajouter : « Très peu de personnes sont capables, sur le long cours, de restreindre sévèrement leurs apports caloriques. Il faut un tempérament d’ascète pour résister et, plus encore pour tenir ». Ce qui explique que tous les régimes, quels qu’ils soient aboutissent le plus souvent à un échec. « Dans notre culture, la faim apparaît comme un scandale intolérable. Et tant pis si les études scientifiques prouvent qu’avoir faim renforce les défenses immunitaires, diminue les risques de cancers ou de maladies dégénératives et que la restriction calorique augmente la durée de vie : avoir un peu faim, ne serait-ce qu’une journée, semble insupportable. » constate ce praticien qui poursuit : « Et s’il fallait, justement, s’habituer à restreindre spontanément ses apports caloriques… en acceptant d’avoir un peu faim pendant quelques semaines ? Non pas masquer cette sensation, mais au contraire l’adopter, la connaître, vivre avec ? […] Pour ma part, je pense qu’il faut s’habituer, dès les premiers jours [d’un changement d’habitudes alimentaires] à gérer cette sensation de faim, afin que le centre de l’appétit situé dans le cerveau puisse s’adapter spontanément à un apport calorique plus réduit.[…](encadré n°3) Restreindre son alimentation pour vivre plus longtemps est un choix de vie nécessitant un véritable apprentissage préalable. […] En absorbant de plus petites portions on accumule moins de pesticides et de déchets dans son organisme.[…] Moins manger limite obligatoirement les apports quotidiens de résidus toxiques. […] Je recommande un bon équilibre entre les nutriments et une alimentation variée plutôt qu’une politique d’interdiction des aliments, qui mène inexorablement à des frustrations

Mais il n’y a pas que de mauvaises surcharges en graisses ! Un chercheur d’Oxford, le docteur Manopoulos vient de publier une étude démontrant que le gras accumulé sur les fesses, les cuisses et les hanches participerait à la protection cardio-vasculaire en piégeant les acides gras nocifs circulants et en libérant une hormone, l’adinopectine, dont l’effet protecteur vasculaire a été prouvé. A l’inverse, la graisse abdominale largue des cytokines connues pour leur action inflammatoire, augmentant du même coup les risques de diabète et de maladies cardio-vasculaires. La surcharge en graisse abdominale est néfaste ! Et le docteur Saldmann de conclure que quant à conserver des rondeurs, mieux vaux ressembler à une poire qu’à une pomme...

Par contre, un excès de sucre est dangereux à tous les niveaux de notre organisme. Carburant indispensable à notre vie, le sucre est plus ou moins bien toléré selon les individus. Deux personnes du même âge et du même sexe, pratiquant la même activité physique, avec un poids égal et des apports alimentaires identiques présenteront des taux différents de glucose dans le sang en raison de leur différence génétique. Outre une consommation modérée en sucre, une activité physique s’avère essentielle pour maintenir une glycémie à un taux normal bas chez des personnes qui ne bénéficient pas d’une bonne tolérance au glucose. Imposez-vous « Trente minutes de marche rapide par jour », ou bien, mieux encore, « Vingt minutes de vélo d’appartement », conseille Frédéric Saldmann, qui insiste sur la nécessité de veiller à rester concentré sur l’effort physique pratiqué,  lequel ne doit pas avoir des allures de promenade !

Mieux vaut commencer le plus tôt possible à bien gérer notre capital santé. « Avant 40 ans, l’organisme humain a une bonne capacité de se réparer, de se régénérer. Mais c’est précisément au cours de cette première vie que l’on est peu réceptif aux messages de prévention santé. Or, c’est dans cette première phase que le principal se joue. Autrement dit, c’est quand tout va bien qu’il nous faut redoubler de vigilance : ne pas courir le risque d’une surcharge pondérale, ne pas fumer. Car s’ils ne sont pas contrés très tôt, ces risques –là feront parler d’eux…trop tard » avertit Frédéric Saldmann afin de nous inciter à modifier nos habitudes « quand tout peut encore se jouer » !

Prendre de bonnes habitudes, enfant, adolescent, lui apparaît capital, parce que celles-ci « conditionneront en partie notre santé d’adulte », insiste-t-il. Et il rappelle que «L’excès de poids dans la petite enfance correspond à la constitution d’un stock d’adipocytes dont il sera très difficile de se débarrasser plus tard ». De plus, nous sommes ainsi faits que la plupart d’entre nous cherchent inconsciemment, tout au long de leur vie d’adulte,  à retrouver les plaisirs gustatifs de leur enfance. Frédéric Saldmann voit dans l’appétence aux sucreries (crèmes, boissons sucrées, glaces), satisfaite dans la petite enfance, une cause majeure de l’épidémie d’obésité qui sévit actuellement aux États-Unis.

« Il est possible, dès maintenant, de freiner le vieillissement en le gérant soi-même et ce, le plus tôt possible. Soyons responsables, actifs, tenons le gouvernail de notre propre jeunesse. Informé et compétent, l’être humain d’aujourd’hui bénéficie des prémisses de grandes découvertes à venir. Il commence sa vie quand ses grands-parents la terminaient : à 60 ans », s’enthousiasme Frédéric Saldmann, lequel fait montre d’une confiance immense en la science médicale, confiance qu’il justifie d’ailleurs en faisant découvrir au lecteur les techniques à venir de stockage de nos propres cellules immunitaires, pour parer à l’affaiblissement de notre système immunitaire au fil des années ; la remise en état de nos organes usés à l’aide de cellules souches, elles aussi conservées dans des banques de cellules qui stockeront les cordons ombilicaux pour le moment où le « propriétaire-fournisseur » aura besoin de réparer une pièce importante de son organisme…  L’homme devenu sa propre médecine, se réparant à partir de ses propres cellules n’est déjà plus tout à fait de la science-fiction.

En attendant ces nouveaux traitements « anti-âge », Frédéric Saldmann  conclut sur un chapitre d’ultimes recommandations : « Des capacités intellectuelles, physiques, sexuelles au zénith à partir de 60 ans ? Un miracle de la science-fiction, un rêve éveillé ? Non, pas forcément. Au contraire, même, rien de moins impossible. Et voici comment y parvenir… »

Vous le saurez en lisant à votre tour, «La vie et le temps ». Les nouveaux boucliers « anti-âge ». Vous ne pourrez pas ne pas tirer de cette lecture quelques bonnes recettes à suivre et ce, quel que soit votre âge. Car, comme l’écrit lui-même l’auteur à travers une citation de George Eliot : «  Il n’est jamais trop tard pour devenir ce que l’on aurait pu être. »

Monique RAIKOVIC

Encadré n°1 : Les tardigrades, de petits extraterrestres projetés sur terre par des météorites ? 

Ces êtres vivants, qui ne mesurent pas plus de 2millimètres, sont néanmoins dotés d’une tête, d’un système nerveux représentant 20%  de leur capital cellulaire, d’un corps protégé par une cuticule et de huit pattes terminées par des griffes. On les trouve sous tous les climats. La mousse humide des pierres et les toitures sont leur habitat de prédilection. Et ils résistent aux conditions les plus extrêmes, introuvables sur terre : ils survivent dans le vide absolu, à des températures depuis  – 253°C jusqu’à + 151°C ! Ils supportent des pressions supérieures à plus de trois cents fois la pression atmosphérique. Ils respirent sans encombre des produits chimiques toxiques. Des radiations de leur carapace onze cents fois supérieures aux doses mortelles pour un humain, n’ont, sur eux, aucun effet.  Et quand ils  « se perçoivent » en danger de mort imminente, ils entrent rapidement en cryptobiose, état intermédiaire entre la vie et la mort, durant lequel l’activité vitale s’abaisse à 0,01% de la normale. Pour se faire, ils se déshydratent, remplaçant l’eau contenue dans leur corps par une substance qu’ils synthétisent et qui préserve l’intégrité de toutes leurs structures cellulaires, y compris les neurones. Ils s’entourent alors d’une petite boule de cire et ils peuvent rester en cet état pendant plusieurs centaines d’années, avant de reprendre en quelques heures, voire en quelques minutes, quand les conditions externes leur redeviennent favorables,  une existence normale, après s’être alimentés en eau pour se réhydrater.

Pour les tardigrades, que signifie avancer en âge ? Et que pourront-ils nous apprendre sur nous-mêmes ? Les chercheurs n’ont pas encore percé le secret de leur stupéfiante robustesse, ni celui de la composition de la substance qu’ils synthétisent. Du moins nous incitent-ils à réfléchir aux limites de notre savoir et de nos pouvoirs. Quand vous promenant dans un sous-bois, vous apercevrez une roche moussue, pensez à la colonie de tardigrades qui, depuis des siècles, peut-être, est installée là…

 

Encadré n°2 : Le « bien dormir » : conseils du docteur Saldmann

Il faut prendre l’habitude de se coucher à une heure raisonnable, garantissant 7 à 8 heures de sommeil, en évitant de s’endormir devant la télévision.

Il faut une chambre bien aérée, pas trop chauffée (température idéale autour de 18°C), dans un environnement paisible et silencieux, le silence ayant une influence positive certaine. Une bonne literie avec un ensemble matelas- sommier adapté aux exigences de la colonne vertébrale du dormeur et des oreillers renouvelés tous les ans, avant qu’ils ne deviennent des réserves d’acariens.

Il faut avoir reçu dans la journée une quantité de lumière satisfaisante, sous forme d’exposition au soleil ou à la lumière artificielle, ce qui contribue à restaurer de bonnes phases de repos nocturne.

Il est fortement déconseillé de traîner au lit durant la journée ou de travailler en position allongée. Cette atonie diurne ne peut que nuire à la nuit qui s’ensuit.

Il faut un repas du soir léger afin d’éviter une digestion fastidieuse et des réveils fréquents : préférence donnée aux sucres lents (pain, pâtes, riz) ; écarter la viande dont les protéines ont tendance à augmenter la température corporelle au moment de la digestion, ce qui ne favorise pas l’endormissement.

La prise de boissons telles que le thé ou le café, le soir, est affaire de réactivité personnelle.

30mn d’exercice physique, six heures avant le coucher, contribue à remettre à l’heure les horloges de l’organisme.

Prendre un bain trop chaud avant de s’endormir peut perturber le sommeil, de même que le maintien  d’une activité intellectuelle trop intense.

Bien dormir suppose de se ménager, une période de détente d’une heure environ, avant d’éteindre la lumière.
                Les réveils répétés au cours de la nuit voient leur fréquence augmenter avec l’âge. Ils représentent en moyenne 10% de la nuit, ce qui ne doit pas être considéré comme anormal.

La solitude ne fait pas partie de l’arsenal du parfait dormeur. Au contraire, dormir à deux est un élément favorable au sommeil (affirme le Dr Saldmann [NDLR]).

 Les hommes présenteraient une meilleure qualité de sommeil que les femmes qui sembleraient plus sensibles au bruit que les hommes (et quand monsieur ronfle [NDLR]… )

La petite sieste de l’après-midi est bénéfique pour les personnes capables de s’endormir et de se réveiller comme elles veulent.

 

Encadré n°3 : Apprendre à bien se nourrir : conseils du docteur Saldmann

Savoir choisir les aliments que l’on aime vraiment : chaque soir, avant le coucher, consacrer cinq minutes à l’énumération précise de tout ce qu’on a mangé au cours de la journée, y compris les petits grignotages. Faire ensuite la sélection des aliments plaisirs, ceux qui ont réellement procuré un bonheur gustatif et qui valaient la peine de prendre des calories en excès. Ne garder que le meilleur d’entre eux. Reproduire cet exercice régulièrement. Très vite, il ne restera plus qu’un très petit nombre d’aliments plaisirs conservés. Mais, nous sommes génétiquement tous différents et ce qui est bon pour l’un, n’est pas obligatoirement bon pour l’autre. Les conseils en nutrition se donnent « à la carte ». Néanmoins, il existe un certain nombre de règles valables pour tous :

À table, diviser le contenu de l’assiette en deux et faire une pause de cinq minutes à la fin de la première moitié, avant d’attaquer la seconde. De même, attendre cinq minutes avant de se resservir. Pendant les cinq minutes d’attente après la consommation de la première moitié du contenu de l’assiette, les récepteurs à la pression,  présents dans la paroi de l’estomac – barorécepteurs – se trouvant mis sous tension par les aliments absorbés, vont transmettre cette information au centre de la satiété situé dans le cerveau. Et la sensation de satiété va rapidement se manifester. La satiété est un élément très important d’adhésion au régime. Certains aliments y contribuent largement, notamment le pain, surtout lorsqu’il est complet ou aux céréales. Cet aliment « longue satiété » a été réhabilité dans les régimes hypocaloriques. À l’opposé, il est bon de diminuer la consommation de sel, lequel développe l’appétit.

Savoir tirer profit du nouveau French paradox (encadré n°4) et des effets bénéfiques du vin rouge, du thé, du café et du chocolat noir !

Savoir associer les aliments protecteurs et les consommer régulièrement est la clé d’une bonne prévention du vieillissement. « Car c’est la conjugaison de plusieurs aliments protecteurs qui constitue une armure apte à nous préserver des maladies liées au vieillissement »insiste Frédéric Saldmann, lequel nous fait découvrir, dans ces pages,  la précieuse grenade, riche en polyphénols, en cuivre, en vitamine B5, B6 et C et qui détient dans ses grains quelques autres produits bénéfiques ; la tomate « hyper-vitaminée » et pauvre en calories ; le citron qui a un effet tonique utile le matin, au réveil et qui n’est pas acidifiant mais alcalinisant, contrairement aux idées reçues ; les poissons riches en oméga 3.  Enfin, en  dehors des avantages du vin rouge (deux verres par jour), ce nutritionniste attire notre attention sur ceux du café et du thé vert, ce dernier contribuant à nous conserver des gencives saines…


 

 

Encadré n°4 : Le nouveau French paradox ou le remède des Maya redécouvert.

Le French paradox désigne la contradiction relevée entre les habitudes alimentaires des Français et leur santé : « Alors que nous avons l’habitude de manger gras, de compter un bistrot par habitant et de tout arroser de vin rouge, on enregistre deux fois moins d’infarctus du myocarde en France qu’aux USA »,relate Frédéric Saldmann. Des études ciblées sur le Sud-Ouest, région du foie gras, du confit de canard, où l’on mange une nourriture riche en graisses, arrosée de vin rouge, y ont recensé 80 infarctus du myocarde pour 100 000 habitants, soit quatre fois moins qu’aux Etats-Unis. [Plus généralement, on dénombre 145 infarctus par an pour 100 000 Français d’âge moyen, contre 315 pour les Américains]. On a attribué longtemps à une consommation modérée et régulière de vin rouge (deux verres par jour) un rôle protecteur vasculaire en raison de la richesse de ce produit  en resvératrol, polyphénol présent dans la peau des grains de raisin et s’opposant à l’agrégation des plaquettes, une action comparable en somme à celle de l’aspirine. Mais on sait aujourd’hui que les Français sont les plus gros mangeurs de chocolat noir des pays industrialisés. Ils en consomment six fois plus que les populations des autres pays! Or c’est dans le chocolat noir que se trouvent les substances réellement très fortement protectrices. Sur les 800 substances que renferme une fève de cacao, on a identifiés des flavonoïdes qui rendent les artères plus souples et des polyphénols, anti-oxydants qui protègent de l’athérosclérose, s’opposent également à l’agrégation des plaquettes et favorisent la dilatation des artères.   « Chez les consommateurs de chocolat noir, le risque cardio-vasculaire est diminué de 50% », indique Frédéric Saldmann, avant d’ajouter : «  En revanche, le bénéfice de cette consommation régulière de chocolat sur le cholestérol sanguin s’avère moins évident »…

La posologie journalière de chocolat noir recommandée est de 6 g, soit, en moyenne, deux carrés par jour. Frédéric Saldmann recommande de consommer un chocolat noir à la teneur la plus élevée possible en cacao. Difficile d’abuser d’un chocolat à 90%, voire 100% de cacao, tant il est amer ! « Aucun danger à dépasser légèrement la dose prescrite si vous y trouvez du plaisir, relève-t-il. Traduits en valeur calorique, deux carrés de chocolat noir est l’équivalent d’à peu près une pomme. J’insiste sur le caractère quotidien, indispensable pour prétendre à une bonne efficacité préventive. »

                Et il dit encore : « j’ai un rêve : que le chocolat noir soit remboursé un jour par la  Sécurité sociale ! Que les quantités efficaces pour une bonne prévention cardio-vasculaire s’affichent en toutes lettres sur les tablettes. »Les médecins maya et aztèques connaissaient déjà les effets thérapeutiques de la fève de cacao. Leurs mânes ne peuvent donc qu’approuver ce souhait !


 

 

Encadré n° 5 : La douche froide ou les bienfaits d’une thalassothérapie, à domicile !

Le froid conserve. On constate que les centenaires bénéficient d’une température corporelle au-dessous de la normale. Par ailleurs, une restriction calorique au long cours, qui augmente l’espérance de vie, s’accompagne elle aussi d’une baisse de la température. A contrario, l’activité sportive, si bénéfique à la prévention du vieillissement, fait grimper la température corporelle. Mais, dans le même temps, elle assure une bonne transpiration et l’évaporation de la sueur aboutit justement à rafraîchir le corps.

Donc, une douche froide s’avère un soin quotidien personnel de prévention du vieillissement. Voici un traitement efficace, peu onéreux (20l d’eau environ consommés), ne mettant pas en péril les comptes de la Sécurité sociale, pour paraphraser Frédéric Saldman !

Celui-ci nous apprend que la peau contient trois à dix fois plus de récepteurs sensibles au froid qu’à la chaleur, d’où un effet physiologique rapide d’une douche froide sur l’organisme ! Le Pr Shevchuk, aux États-Unis, a démontré que 5mn sous un flot froid provoquait un afflux électrique significatif au niveau du cerveau, susceptible d’avoir un effet antidépresseur. La douche froide provoque, en effet, la sécrétion de petites quantités d’endorphine, ce qui explique, au moins en partie, sa capacité à réduire la fatigue et l’anxiété ressentie. Des chercheurs français ont, quant à eux, montré les effets bénéfiques d’une douche froide sur la qualité du sommeil, à condition que celle-ci soit prise dans les heures qui précèdent le coucher. On sait déjà qu’on dort mieux dans une chambre peu chauffée, le sommeil étant favorisé par une petite baisse de la température corporelle. En prenant une douche froide chaque soir et en dormant mieux on contribue aussi à diminuer les sensations de fatigue et d’anxiété. Le Pr Liang, aux États-Unis encore, a établi, à partir de l’étude de sportifs marathoniens que la douche froide provoquait une augmentation du flux sanguin musculaire, donc une meilleure oxygénation et, de ce fait, un bon tonus musculaire. Enfin, le jet froid sur les membres inférieurs en favorisant le retour veineux du sang soulage les sensations de jambes lourdes.

Et le Pr Rothwell, aux États-Unis toujours, a découvert l’impact de la douche froide sur la graisse brune. Cette graisse brune, présente dans notre corps dès notre naissance et qui diminue à l’âge adulte, fournit au corps chaleur et énergie en dehors des efforts musculaires, contribuant ainsi à réguler la température du corps. Le froid –ici, la douche –active le système sympathique qui innerve largement le tissu adipeux, graisse blanche et graisse brune. Pour faire remonter la température, sous l’effet de la stimulation sympathique, la graisse blanche brûle, libérant des acides gras que le sang véhicule jusqu’aux adipocytes, ces cellules de la graisse brune qui vont utiliser leurs mitochondries  pour transformer ces acides gras en chaleur. Sous l’effet du froid la graisse brune se trouve donc mobiliser pour brûler des graisses, mais aussi des sucres.

Frédéric Saldmann recommande de commencer en passant de l’eau chaude à l’eau tiède pour s’habituer progressivement à l’eau froide. Dès 20°C, l’effet se fait ressentir, signale-t-il. Il faut rester sous la douche de trois à cinq minutes. En fait, « le temps idéal correspond au moment où l’on sent, sous la douche froide, la chaleur du corps revenir. Une fois sorti de la douche et séché, une sensation de bien-être et d’énergie est ressentie immédiatement. »



[1] « La vie et le temps » - les nouveaux boucliers anti-âge : l’ordonnance pour vivre longtemps en bonne santé ; du docteur Frédéric Saldmann, praticien attaché des Hôpitaux de Paris, cardiologue et nutritionniste ; Éditions J’ai lu, collection Bien-être. L’ouvrage est préfacé par le Professeur Gérard Friedlander, chef du service de Physiologie, Hôpital européen Georges-Pompidou (Paris). Frédéric Saldmann est également l’auteur auteur de : « On s’en lave les mains » et de : « Le grand ménage »,  ouvrages parus aux Éditions J’ai lu.

[2] Etude Chronos, menée par des chercheurs de la Fondation IPSEN, à partir de 1990, sur plusieurs  milliers de centenaires français. Cette étude Chronos s’inscrit dans le cadre du programme du Centre d’Etudes du Polymorphisme Humain(CEPH) dont l’objectif est d’identifier les fondements génétiques de la longévité humaine et les mécanismes du vieillissement cellulaire.

Les commentaires sont fermés.