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06/08/2008

Anne Schlumberger : portrait d'une femme mécène

6419be065e8348156d287b89000a968d.jpg Ernst, Brauner, Picasso, Laurens, Lalanne et les autres... De ces noms est composé le panthéon personnel d'Anne Schlumberger (1905-1993), l'une des rares femmes mécènes du XXe siècle. La ville de Dinan expose jusqu'au 28 septembre une partie de sa collection privée au Centre de rencontres économiques et culturelles (CREC).

Schlumberger et l'or noir


Si son nom est habituellement associé à l'entreprise pétrolière Schlumberger Limited, ce n'est pas une simple coïncidence. Née en 1905, Anne fut la fille du célèbre industriel alsacien Conrad Schlumberger qui, avec son frère Marcel, fonda la Société de Prospection électrique, devenue la multinationale que l'on connaît aujourd'hui.

L'art avait cependant une place prépondérante dans cette famille de scientifiques. Toutes trois mariées à des ingénieurs, Anne et ses deux soeurs suivaient leurs maris dans leurs expéditions de forage et devinrent ainsi les trois bonnes fées des musées du monde.

Amoureuse de l'art et amie fidèle des artistes

Issue d'une famille aisée, Anne Schlumberger a mis sa vie et sa fortune au service de l'art, de l'éducation et de la science. Elle se lia d'amitié avec Laurens, Brauner, Ernst, Giacometti ou encore Dubuffet. Ce fut au gré de ces rencontres qu'elle constitua sa propre collection d'oeuvres d'art. Elle fonctionnait sur coup de coeur. Si un tableau ou une sculpture lui plaisait, elle en faisait l'acquisition sur le champ.

La Fondation de Treilles : l'oeuvre de sa vie

Après avoir établi une vingtaine de bibliothèques pour enfants en Grèce, elle hérita du domaine de Treilles qui abrita sa fondation. Ce domaine de 300 hectares devait avoir selon elle "une fonction d'utilité publique", se souvient Danièle Giraudy, conservateur général du patrimoine de la Fondation de Treilles et commissaire de l'exposition. En 25 ans, elle fit de ce lieu un havre de paix où s'organiseront colloques entre artistes, rencontres avec des boursiers et recherches scientifiques.

Faire voyager l'art

Danièle Giraudy nous décrit Anne Schlumberger comme "douce, généreuse mais déterminée". À sa mort, en 1993, elle souhaite que sa collection prenne la forme d'une exposition itinérante. C'est ainsi que, depuis 2005, celle-ci voyage à travers le monde.

Après Dinan, direction le musée Max Ernst à Brühl (Allemagne), avant de partir pour le Canada, le Luxembourg et enfin l'Asie en 2009. On ne peut que souhaiter bon voyage et longue vie aux coups de coeur de cette femme mécène.

Marie-Hélène Paramelle
Le Point

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